Comme enfermée dans une bulle .
Tout est si sombre et pourtant si lumineux .
Elle se perd dans un semblant de vie,une pâle copie d'existence .
Immergée dans les eaux noires et profondes,sans autre bruit que celui de son c½ur qui bat,résonnant plus fort que jamais dans ses oreilles .
Vrillant ses sens .
Engourdissant ses membres .
L'océan s'étend loin , au delà de l'horizon et de toute frontière .
Il traverse le ciel et la terre , tissant le lien insaisissable qui les unis.
Les flots sont si calmes , si majestueux dans leur silence , bercés par le vent .
La pluie commence à couler , troublant l'étrange tableau qui se dressait devant mes yeux .
L'encre coule sur mon dessin,effaçant peu à peu l'image de la jeune fille .
A présent,elle semble ne faire plus qu'un avec l'océan .
Ses longs cheveux noirs bougent doucement au grès des vagues et ses beaux yeux émeraude fixent la surface dans une supplique muette.
Elle s'enfonce vers les profondeurs,sans bouger,se laisse emporter .
Tout est flou .
Peut être que si je plongeais dans mon illusion je pourrais la sauver .
La ramener avant qu'elle ne quitte sa vie .
Mais qui sauverais-je réellement ?
Son âme ou la mienne ?
Elle m'en voudrait si je le faisais .
J'en suis sure et certaine .
Elle retenterai de se jeter dans ces glaciales abysses .
Alors je me contente de regarder son corps couler comme si il était fait de pierre.
Depuis combien de temps suis je capable de dessiner un autre monde ?
Une porte vers un autre monde .
Depuis toujours il me semble .
Je fais vivre un peuple pacifique ou une armée .
Une nation unie ou ravagée par les affres de la guerre civile .
Une famille heureuse ou,encore,un couple détruit .
Un monde parfait où tout n'est qu'utopie et dont les habitants sont parfaits,ou au contraire,une planète où tout n'est qu'imperfection .
Adossée à cet arbre immense je dessine la vie .
Les heures s'égrainent lentement dans ma bulle gavée de silence .
Les jours s'enchainent,sans autre différence que les nuances de mes dessins .
Les mois défilent si lentement .
Depuis combien de printemps suis-je là ?
14 ou 15 il me semble ...
A quoi bon compter un temps dont on ne sait même plus si il est réel ou fictif .
Seule une plaine immense et infinie,dont l'unique point surélevé est ce chêne immense,certainement plusieurs fois centenaire,meuble mon univers .
Ses racines s'enfoncent loin dans la terre .
Font elles le tour de cet étrange pays ?
Toujours autant de questions .
Si peu de réponses.
Je joue à la déesse et je ne suis même pas capable de me répondre à moi même .